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Entretien avec Corinne Rippes pour la sortie de « Quelque chose. »

Véronique & David Zorzi : Bonjour Corinne, vous vous apprêtez à sortir aux éditions du Petit Pois un recueil de poésie intitulé Quelque chose., pourriez-vous tout d’abord le présenter ?


Corinne Rippes : Chaque recueil est comme le fragment d’un journal commencé en 2016-2017. Ou la pièce d’un puzzle qui s’élabore.


Quelles sont ces choses qui pour vous ont de l’importance et qui nourrissent votre poésie ?


Tout. Rien. Le ciel quand j’ouvre les volets. Un oiseau. La forme d’un arbre. Un mot entendu. Le verre soufflé d’une fenêtre. Des reflets. L’odeur du coing. Mon jardin. Celui de ma mère.


Nous retrouvons dans votre texte le mouvement de la nature et l’évocation des corps… Comment cela s’articule-t-il ?


Oui, la nature. Je ne vais rien dire de très original. Sa beauté d’abord. Le cycle dans lequel nous nous inscrivons. La modestie dont nous devons faire preuve face à un arbre. L’évocation du corps est spontanée, évidente. Je me projette sur la nature. Ma pudeur s’habille d’elle.


Quels sont les auteurs, les artistes d’hier et d’aujourd’hui qui vous influencent ?


Van Gogh, Courbet, Staël, Morandi et tant d’autres. Des peintres me viennent tout de suite à l’esprit. Je suis très sensible à l’organisation d’un tableau, à la matière, à la touche. La sensualité de la peinture est indubitable. Voir des tableaux m’est nécessaire. C’est une nourriture intellectuelle et physique. J’ai écrit un recueil sur Staël et un sur Morandi. Et puis en littérature : Follain, Char, E. Dickinson, Lorca, Neruda, Colette, Racine. (Pardon pour les listes.) Leur langue, leur monde me parlent.


Les cyanotypes de couverture sont de votre main. Pouvez-vous nous décrire cette activité et en quoi cela a du sens pour vous de l’inscrire en ouverture du recueil ?


Il s’agit d’une technique de photographie monochrome mise au point par Herschel, astronome et chimiste anglais, au XIXe siècle. Anna Atkins, une botaniste anglaise de la même époque, a publié le premier herbier utilisant ce moyen. Cette technique qui oblige à être très attentif aux végétaux, à leur forme fait écho à ma fascination pour les mots qui décrivent une feuille. Il faut la regarder avec une grande attention. Être présent à la feuille. Celle sur la couverture, quoique très fragile, est là. Elle parle de nous. Sa beauté et sa présence me touchent.


La sensualité de votre texte se révèle paradoxalement dans une forme courte, sans compromis. Cette tension est-elle une nécessité pour écrire ?


Pourquoi « paradoxalement » ? La forme courte est une politesse. J’écris dans une nécessité impérieuse. Je saisis, je capture l’instant.

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